Archives de catégorie : Recherches doctorales et post-doctorales

Atelier de traduction de textes scientifiques médiévaux

Ms. Paris, Bibl. nationale de France, fr. 22532, f. 228r, détail (corail)

Atelier 2025-2026

Lapidaires médiévaux : corail, hématite et chélidoine 

L’atelier réunit des chercheurs et des étudiants de master et de doctorat autour de textes scientifiques médiévaux latins, qu’ils traduisent et dont ils étudient ensemble les sources et les textes parallèles, en latin ou dans d’autres langues. Les participants sont encouragés à approfondir une question abordée ou à présenter une œuvre ou un texte en début de séance. L’atelier accueille aussi des invités spécialistes d’une question traitée. Cette année, l’atelier s’intéressera pour commencer au corail, à l’hématite et à la chélidoine dans les lapidaires médiévaux.

L’atelier de traduction de textes scientifiques portera cette année 2025-2026, comme l’année dernière, sur la lecture de lapidaires latins (en édition et sur manuscrits) et la recherche de leurs sources (Aaron, Damigeron et Evax, Dioscoride, Pline, Isidore, Marbode, etc.) : comparaison des lapidaires entre eux pour une même pierre, filiation des textes, identification des pierres et des propriétés (virtutes) qui leur sont attribuées. L’examen comparé de lapidaires du XIIIe siècle permettra aussi d’établir les communautés de documentation ou les liens de dépendance, en particulier entre le livre XVI du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais et le De virtutibus gemmarum d’Arnold de Saxe, lui-même source du livre II du De mineralibus d’Albert le Grand et du livre VIII sur les pierres du Speculum naturale de Vincent de Beauvais.

L’atelier se tient deux fois par mois, de septembre à début juin, le mercredi, de 14h à 16h, au Campus Condorcet, Bâtiment de recherche Nord, Institut de recherche et d’histoire des textes, salle 2.001. Il se tient en présentiel de préférence mais peut être suivi en ligne. Les dates suivantes sont déjà fixées : 24 septembre 2025 (séance d’introduction), 8 octobre (avec une présentation par Cindy Balossini de sa thèse sur les fossiles dans les sources antiques et médiévales), 22 octobre (avec une présentation de Maria Renoud-Delarque des illustrations des pierres dans les manuscrits de la traduction française par Jean Corbechon de l’encyclopédie de Barthélemy l’Anglais), 5 novembre, 19 novembre (avec une présentation par Pierre Klein de la plante chélidoine), 3 décembre (avec une présentation par Jean-Charles Coulon des sources arabes sur la pierre chélidoine), 17 décembre. Le séminaire reprend, avec des séances sur l’hématite, le 14 janvier 2026; le 28 janvier 2026, nous entendrons d’abord une présentation de Martin Morard sur le lapidaire De XII lapidibus associé à la Glose ordinaire, avant de reprendre nos travaux;  le 11 février, interviendra en début de séance Françoise Fery-Hue, sur l’hématite dans les lapidaires français; la séance suivante a lieu le 25 février. Le 11 mars, Amine Xhakoni présentera le lapidaire en arabe qu’elle étudie pour sa thèse : « Le trésor des marchands sur le savoir des pierres » (Kanz al-tijjār fī maʿrifat al-aḥjār)de Baylak al-Qibjâqī. Séance suivante : 24 mars, séance habituelle. Le 8 avril, présentation en début de séance par Jean-Charles Coulon du corail dans les lapidaires arabes. 16e séance : 22 avril. Le 6 mai, Alessandra Scimone présentera en début de séance la notice sur le corail dans le lapidaire du Pseudo-Aristote.       

La participation en présence sur est souhaitée. Il est néanmoins possible de participer à distance; pour obtenir le lien de connexion, contacter Isabelle Draelants.

Atelier 2024-2025

Lapidaires latins : Recherche des sources et lectures de manuscrits

Ms. Paris, BnF, fr. 14964, f. 167v, Guillaume le Clerc, bestiaire, extraction du diamant

L’atelier de traduction de textes scientifiques portera cette année 2024-2025 sur la lecture de lapidaires latins (en édition et sur manuscrits) et la recherche de leurs sources (Aaron, Damigeron et Evax, Dioscoride, Pline, Isidore, Marbode, etc.) : comparaison des lapidaires entre eux pour une même pierre, filiation des textes, identification des pierres et des propriétés (virtutes) qui leur sont attribuées. L’examen comparé de lapidaires du XIIIe siècle permettra aussi d’établir les communautés de documentation ou les liens de dépendance, en particulier entre le livre XVI du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais et le De virtutibus gemmarum d’Arnold de Saxe (lui-même source du livre II du De mineralibus d’Albert le Grand et du livre VIII sur les pierres du Speculum naturale de Vincent de Beauvais).

L’atelier se tient tous les 15 jours à partir d’octobre, le mercredi, de 14h à 16h, aux dates suivantes, au Campus Condorcet, salle 2.001 et en  mode hybride. Les séances commenceront souvent par une présentation de travaux en cours par un participant ou un invité. 9 octobre (introduction, bibliographie, typologie), 23 octobre (suite de l’introduction et bibliographie – à partir de 15h, présentation du lapidaire de Barthélemy l’Anglais, avec Iolanda Ventura, Univ. de Bologne), 6 novembre (comparaison de notices sur l’aimant, le magnes, le diamant), 27 novembre (lapidaire pseudo-aristotélicien, avec présentation des manuscrits arabes du Pseudo-Aristote par Emanuele Rovati, Univ. Zürich et Ptolemaeus Arabo-latinus, et Jean-Charles Coulon, IRHT), 11 décembre (présentation par Mario Loconsole, Univ. del Salento, des rapports entre art et nature dans l’alchimie et les sceaux du lapidaire d’Albert le Grand et de la reprise du “De mineralibus” par Henri de Herford.

8 janvier (Nicola Zito présentera “Poésie et théurgie dans l’Antiquité tardive : les Lithica “orphiques””), 29 janvier (Thomas Galoppin parlera des “Divinités et gemmes ‘magiques’ gréco-égyptiennes sous l’Empire romain”), 5 février (Françoise Fery-Hue présentera le Lapidaire Chrétien et les 12 pierres de l’Apocalypse en français), 26 février, 5 mars (Alexandre Cerveux parlera des lapidaires hébreux issus de traductions: ” la minéralogie dans les textes hébreux médiévaux”), 19 mars, 2 avril, 23 avril (avec intervention de J.-Ch. Coulon pour les notices sur l’aimant et le magnes chez le Ps.-Aristote, al-Tīfāšī (m. 651/1253), Ibn al-Bayṭār (m. 646/1248), al-Qazwīnī (m. 682/1283), Dāwūd al-Anṭākī (m. 1008/1599), Aḥmad ibn ʿIwaḍ al-Maġribī, peut-être al-Bīrūnī (m. après 442/1050)), 14 mai, 28 mai, 18 juin (séance finale, avec synthèse des notices sur l’aimant et le diamant, et présentation par E. Kuhry des versions du Physiologus utilisées par Vincent de Beauvais dans le Speculum naturale).

La participation en présence sur place est souhaitée. Il est néanmoins possible de participer à distance; pour obtenir le lien de connexion, contacter Isabelle Draelants.

Atelier 2023-2024

Buch der Natur, Konrad von Megenberg (1475)

Eye of newt and toe of frog, Wool of bat and tongue of dog, Adder’s fork and blind-worm’s sting, Lizard’s leg and howlet’s wing, For a charm of powerful trouble, Like a hell-broth boil and bubble.

Double, double toil and trouble; Fire burn and caldron bubble. Fillet of a fenny snake, In the caldron boil and bake; Eye of newt and toe of frog, Wool of bat and tongue of dog, Adder’s fork and blind-worm’s sting, Lizard’s leg and howlet’s wing, For a charm of powerful trouble, Like a hell-broth boil and bubble.

Double, double toil and trouble; Fire burn and caldron bubble. Cool it with a baboon’s blood, Then the charm is firm and good.

(William Shakespaere, Macbeth)

Le monde minuscule comme remède : minuta animalia et materia medica

L’Atelier de traduction de textes médiévaux organisé à l’Institut de recherche et d’histoire des textes et animé par Isabelle Draelants porte cette année sur les remèdes à partir de tout petits animaux dans les textes naturalistes et médicaux médiévaux.  Les étudiants comme les chercheurs confirmés en philologie, histoire et histoire de l’art sont les bienvenus. Les séances consistent en lecture et traduction attentive en commun d’un dossier de textes choisis. Les participants sont aussi invités à présenter de petits dossiers sur un sujet ou un texte lié à la thématique pendant la première demi-heure. Les séances ont lieu deux jeudis par mois, de 10h à 12h, à partir du 12 octobre 2023, à l’IRHT sur le Campus Condorcet à Aubervilliers, 14, cours des humanités, Bâtiment de recherche Nord, 2e étage, salle 2.001 (Métro “Front Populaire”, ligne 12 ou RER Stade de France). Elles sont en mode hybride pour permettre aux participants lointains de prendre part, mais la présence in vivo est fortement souhaitable. Les documents de travail seront envoyés aux inscrits (écrire à Isabelle.draelants@irht.cnrs.fr). Dates déjà prévues : 12 octobre, 26 octobre, 9 novembre, 16 novembre, 7 décembre 2023, 11 janvier 2024, 25 janvier, 15 février, 7 mars, 28 mars, 11 avril, 25 avril, 23 mai. Les dates des séances suivantes seront publiées ultérieurement. Certaines séances commenceront par des présentations par des participants. Le 26 octobre, présentation de Julia Pineau (doctorante Sorbonne université, Paris) sur l’escargot dans la culture médiévale, en particulier moyen-anglaise ; le 9 novembre, présentation de  Carlo Calloni (doctorant Univ. Ca’ Foscari, Venise) sur l’ophiomaque dans les sources littéraires latines et vernaculaires; le 16 novembre, Elisa Lonati (post-doctorante Labex Hastec) est intervenue sur la tradition médiévale de Pline l’Ancien. Le 11 janvier 2024, Brigitte Gauvin et Barbara Jacob présentent le Thesaurus des poissons et la “Bibliothèque” du projet Ichtya (Université de Caen). Le 15 février, Anne Mazliac présente les résultats de son mémoire sur l’araignée dans les encyclopédies médiévales. Le 26 mars, Isabelle Draelants parlera des remèdes pharmacologiques à partir “d’eaux de vers”. Le 25 avril, Grigory Vorobyev parlera des zoonymes médiévaux empruntés par Théodore de Gaza dans la traduction de la Zoologie d’Aristote et Anaëlle Broseta de la musaraigne et de sa morsure venimeuse dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Une bibliographie sur les Insectes et “vermes” au Moyen Âge rassemblée par I. Draelants paraît dans le volume 2023 (n°5) de la revue RursuSpicae consacré à “L’entomologie savante”. ————————————————–     2022-2023:

Minuta, vermes, annulosa, reptilia entre philosophie de la nature et exégèse

Ms. Wroclaw, Rehdig. 174, f. 150ra (Liber de natura rerum, Thomas de Cantimpré), Musca – la mouche

L’Atelier de traduction de textes scientifiques médiévaux organisé à l’Institut de recherche et d’histoire des textes porte en 2022-2023 sur Les minuta, vermes, annulosa, reptilia, les insectes et la vermine dans la littérature latine médiévale sur la nature. Les séances consistent en travail en commun autour d’un dossier de textes choisis. Les étudiants comme les chercheurs confirmés en histoire, philologie sont les bienvenus. Les séances ont lieu deux jeudis par mois, de 10h à 12h00, à partir du 27 octobre 2022, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes, au Campus Condorcet à Aubervilliers, 14, cours des humanités, Bâtiment de recherche Nord, 2e étage, salle 2.001 (Métro “Front Populaire”, ligne 12 ou RER Stade de France). Il est aussi possible de suivre l’atelier en ligne à distance. Séances : 27 octobre, 10 novembre, 24 novembre (avec présentation des recherches de M. Calloni sur le Grillon et d’E. Kuhry sur le Fourmilion dans le Physiologus), 8 décembre 2022 (maintenu malgré la grève des transports). En 2023 : 19 janvier, 2 février (avec présentation des recherches de S. Noël sur le cri des grenouilles), 16 février, 2 mars, 16 mars, 31 mars (attention, exceptionnellement un vendredi, avec une présentation de N. Virenque : “Les grenouilles d’Apocalypse 16 au Moyen Âge : exégèse textuelle, exégèse visuelle et culture encyclopédique”), 20 avril, 4 mai 2023. Le 25 mai, 14h-17h, salle 3.086 ou à défaut 2.001 : 2e après-midi de séminaire sur Les Insectes chez Barthélemy l’Anglais et son traducteur en français médiéval Jean Corbechon. Intervenants : J. Ducos, C. Rochelois, Y. Boudes, I. Draelants (« Culture philosophie et vulgarisation », séminaire de J. Ducos, Dir. d’études à l’EPHE). Le 8 juin, nous entendrons en début de séance Hélène Perrin (Museum d’histoire naturelle), Les saints et les insectes, symbolique et enseignement. (les dates suivantes seront indiquées ultérieurement). Pour participer, contacter Isabelle Draelants

Les textes latins choisis, édités ou inédits étudiés dans l’atelier de traduction sont tirés de textes patristiques et théologiques (ex : Pierre Comestor), de commentaires philosophiques (ex : Albert le Grand) et d’encyclopédies ou de traités sur la nature (Opusculum de naturis animalium, Thomas de Cantimpré, Experimentator, Michel Scot, Arnold de Saxe, Barthélemy l’Anglais, Vincent de Beauvais, Marcus d’Orvieto, Geoffroy de Franconie, Juan Gil de Zamora, etc.) qui eux-mêmes citent des sources qui seront identifiées (Aristote, la Bible, Pline, Augustin, Isidore de Séville, Constantin l’Africain, Avicenne…). L’objectif principal de l’atelier est de former un corpus de référence des textes traduits sur les insectes et d’en identifier les sources intellectuelles et littéraires.

Voir aussi l’Appel à contributions sur “L’entomologie savante” dans la revue RursuSpicae.

Ms. Roma, Bibl. Casanatense 459, f. 175v, Muscis viridis

Sur le chemin de l’édition du Chronicon d’Hélinand de Froidmont – L’oeuvre vient de faire l’objet d’une brillante thèse de doctorat

Elisa Lonati a soutenu le 17 décembre 2022 une brillante thèse de doctorat consacrée à l’Édition, l’étude des sources et de la réception du Chronicon d’Hélinand de Froidmont – avec l’édition critique des livres XIV et XLV

Ms. Paris, Bibliothèque nationale de France, lat. 14591, f. 2r
 Incipit du manuscrit Paris, BnF, lat. 14591, f. 2r, des sermons d’Hélinand de Froidmont, où figure son nom 

Ces cinq dernières années, Elisa Lonati a préparé à l’École Pratique des Hautes Études (PSL – Paris), en cotutelle avec la Scuola Normale Superiore (Pisa), une thèse de doctorat sous la direction d’Anne-Marie Turcan-Verkerk et de Giulia Ammannati. En voici le résumé.

Le but du présent travail est de relancer l’étude du Chronicon d’Hélinand de Froidmont (1160 – 1230) en abordant des pistes de recherche multiples à propos de la reconstruction de son texte et de sa tradition manuscrite, de ses nombreuses sources et de ses reprises par des ouvrages de nature différente. Étant donné la complexité des œuvres en question et leur état problématique, on renonce à dresser un bilan exhaustif sur le Chronicon ; en accumulant un grand nombre de nouveaux indices sur sa genèse et sa fortune, on essaie toutefois de mettre en relief l’unicité de l’entreprise hélinandienne.

Une introduction sur l’auteur et sa production fait le point sur les ouvrages attribués à tort à Hélinand, sur le rapport entre ses sermons et le Chronicon, sur la transmission de ce dernier, les travaux qui lui ont été consacrés, ses contenus et sa nature à mi-chemin entre histoire universelle et encyclopédie.

Trois chapitres sont consacrés à la tradition du Chronicon, en vue d’une édition intégrale. Dans le premier, on combine étude macro-textuelle et micro-textuelle afin d’établir les rapports entre les deux manuscrits (Città del Vaticano, BAV, Reg. lat. 535 du xiiie siècle et London, BL, Cotton Claudius B.IX du xve siècle) et le témoignage indirect du Speculum maius de Vincent de Beauvais (1180 – 1264) pour les livres 1-18, en suggérant qu’ils dépendent d’un ancêtre avec des ajouts et des variantes d’auteur visibles. Dans le chapitre suivant, on propose des critères qui permettent d’identifier dans le Speculum maius une centaine de fragments des livres 19-44 du Chronicon qui ont disparu dans la tradition directe. Dans le troisième chapitre, on corrige des centaines d’erreurs du texte des livres 45-49 publié en 1669 par Bertrand Tissier, en le comparant avec les sources du Chronicon et avec ses utilisateurs Vincent et Aubri de Trois-Fontaines († 1252).

Dans la section suivante, on approfondit l’exploitation d’un certain nombre de sources remarquables, venant en partie du milieu cistercien et en partie du milieu parisien. Pour les chroniques de Jérôme et de Sigebert de Gembloux, qui ont fourni au Chronicon son squelette, on montre comment Hélinand combine l’apport de manuscrits divers et traite leurs données contradictoires. Ensuite, on s’occupe d’ouvrages historiques dont les citations permettent l’identification du type de texte utilisé par le Chronicon, au prix d’approfondissements de leur tradition. Dans le troisième chapitre, on se penche sur des textes, courants ou plus rares, qu’Hélinand cite sporadiquement et qu’il a connus surtout de manière directe. Un point est fait sur les œuvres tardo-antiques et médiévales dont le Chronicon a hérité certaines citations classiques. Enfin, on classifie les centaines de prises de parole de l’auteur pour en mettre en relief les intérêts et les démarches et on analyse plus précisément sa passion pour les données alternatives.

Trois chapitres étudient l’exploitation du travail hélinandien. Le premier concerne la réutilisation dans quelques collections d’exempla cisterciennes du début du xiiie siècle des matériaux préparatoires au Chronicon, c’est-à-dire les notes prises par l’auteur sur les sources. Deux chapitres sont consacrés au Chronicon d’Aubri et au Speculum maius de Vincent, pour faire le point sur le type d’emprunts que l’un et l’autre ont faits au Chronicon et à travers quelles retouches. Pour Aubri, on montre les difficultés que pose son habitude de mélanger l’apport des originaux avec celui des sources intermédiaires. Quant à Vincent, on rassemble aussi de nouveaux indices sur l’utilisation d’une source alternative au Chronicon pour le patrimoine classique telle que le Florilegium Gallicum et sur les divergences qui caractérisent les multiples versions d’auteur du Speculum historiale.

Quatre annexes se consacrent à la liste des citations qu’Aubri et Vincent ont tirées d’Hélinand et à des approfondissements sur les titres des chapitres et les marqueurs de source des premiers livres du Chronicon. Deux livres sont édités, le XIV et le XLV, en essayant de reconstruire la mise en page originale, de combiner judicieusement l’apport de la tradition directe et indirecte et de montrer de manière systématique quelles sont les modifications qu’Hélinand a faites par rapport aux sources.

Nouvelle édition, en ligne, des versions auctoriales du “Liber de natura rerum” de Thomas de Cantimpré

Liber de natura rerum, Ms. London, British Libr., Harley 3717, f. 1r

Le projet SourcEncyMe (Sources des Encyclopédies Médiévales) progresse!

Page de consultation du Liber de natura rerum sur SourcEncyMe

Nous avons le plaisir de vous annoncer deux grandes avancées de ce corpus latin dont l’objectif est la caractérisation du patrimoine intellectuel des encyclopédies médiévales par l’identification de leurs sources :

La mise en ligne des versions « auctoriales » du Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré
(c’est-à-dire les stades de rédaction de l’encyclopédie que H. Boese avait édité comme « versions I et II »), sous la forme d’une nouvelle édition critique par Mattia Cipriani. Cette édition distingue quatre stades de rédaction d’auteur, d’après quatre manuscrits principaux.

Liber de natura rerum, Ms Brugge, Stadbibl. 410, f. 4v

Lidentification complète de toutes les sources du Liber de natura rerum,
c’est-à-dire près de 170 sources différentes, principalement de philosophie naturelle et de médecine, mises en œuvre par le compilateur pour la rédaction de son encyclopédie. Ses interventions d’auteur ont également été mises en évidence par le travail de M. Cipriani. Ce travail d’identification porte à retarder la datation de la rédaction du Liber jusqu’aux années 1250.

Liber de natura rerum, Ms. London, British Libr., Harley 3717, f. 2r

Ce travail a été réalisé durant un séjour post-doctoral financé par le LabEx Hastec à l’Atelier Vincent de Beauvais, au sein de l’Institut de recherche et d’histoire des textes à Paris, sous la supervision d’Isabelle Draelants.

NB : Le texte de ces versions du Liber de natura rerum fera encore l’objet de modifications, légères, du point de vue de certains choix de leçons critiques, de la ponctuation et de la mise en évidence de certains ajouts de la main du compilateur, avant la publication de l’édition critique définitve. En outre, il arrive que les éditions utilisées pour l’identification de certaines sources ne soient pas toujours les éditions de référence, mais les renvois aux éditions de référence pour chaque source y seront substituées peu à peu pour correspondre à celles qui seront utilisées pour l’apparat de l’édition critique définitive.

Le site SourcEncyMe donne également accès à la version tardive « Thomas III. » de l’encyclopédie naturelle de Thomas de Cantimpré, dans le texte critique établi avant 1993 par K. Vollmann et H. Hünemörder.
Après la reprise de ce travail, l’édition définitive de cette version par Rudolf K. Wiegand, J. Deus et H. Ulmschneider vient de paraître chez Reichert (coll. Wissensliteratur im Mittelalter, 54.1). 

Séjour post-doctoral de Mattia Cipriani

Liber de natura rerum, Thomas de Cantimpré, Ms. Heiligenkreuz 180, f. 167r

Liber de natura rerum, Thomas de Cantimpré, Ms. Heiligenkreuz 180, f. 167r

Mattia Cipriani, Docteur de la Scuola Normale Superiore (Istituto Italiano di Scienze Umane et de l’EPHE depuis 2014, entame un post-doctorat d’un an à l’Atelier Vincent de Beauvais, dans le cadre du projet SourcEncyMe, d’octobre 2016 à octobre 2017. L’objectif de son projet est d’achever la préparation d’une nouvelle édition critique des versions I et II du Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré depuis les plus anciens manuscrits. Le texte de ces versions du Liber de natura rerum sera mis en ligne sur le corpus SourcEncyMe des encyclopédies médiévales au plus tard en octobre 2017.

Il travaille sur la supervision d’Isabelle Draelants, et en collaboration avec des collègues philologues de l’université de Caen-Basse Normandie, qui préparent une traduction des livres zoologiques du Liber de natura rerum.